L’arrivée de l’automne

Chataignes

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Laisser tomber le pâté en croûte

Pourquoi s’obstiner à marcher, à porter un sac à dos toujours trop lourd, à soigner des ampoules et des genoux qui coincent ?

Pour que les idées ne finissent pas gélifiées dans le pâté en croûte du conformisme, il faut marcher. (S. Tesson)

Randonnée moutons

Pour taper la causette aux chamois, aux marmottes et aux étoiles. Pour se réveiller chaque matin dans un endroit différent et magnifique. Pour la liberté, pour se rendre compte que cette montée n’était pas aussi longue qu’elle le paraissait, pour la toilette rapide dans les lacs de montagne glacés, pour les rencontres, pour les imprévus, pour ralentir, pour les idées soudain clarifiées, pour le silence, pour retrouver son corps, pour l’espace, pour le goût de la soupe brûlante du soir et de l’eau fraîche de la rivière.

Tente randonnée

Crédit photos: Sophie Pernet

La petite reine

Je m’y engage publiquement, j’arrête la voiture en ville  – bon c’est facile j’habite dans une toute petite ville, disons pour les déplacements quotidiens.

Je me suis un peu forcée pour remonter sur mon fier destrier (il faut dire qu’il déraille environ tous les 100 mètres lorsqu’il est de mauvaise humeur), mais j’ai réussi à aller faire une course dans une zone industrielle (pas pour moi malheureux !) et à revenir du magasin bio (mais pourquoi les magasins bio sont-ils –presque- toujours à perpete? L’enquête suit son cours) chargée comme un âne, et dans le genre reprendre son destin en main c’est une décision assez chouette. Pour me motiver, j’ai revu la magnifique intervention de Jacques Gamblin au parlement sensible des écrivains, qui ne parle pas uniquement de vélo (en réalité je ne rate jamais un prétexte pour diffuser ce texte que j’aime tant) mais qui le fait si bien.

En résumé, en enfourchant ta noble monture :

  • Tu feras plaisir à Nénette la planète
  • Tu iras plus vite (mais si mais si, combien de temps passes-tu en moyenne à tourner pour te garer ?)
  • Tu feras des économies : le carbu bien sûr, mais aussi la maintenance, le parking, l’assurance (pour laquelle tu peux maintenant payer au kilomètre histoire de te motiver encore un peu plus !)
  • Tu peux aussi transporter tes affaires et tes courses : un panier ou une cagette ou un sac à dos et zou – pour un déménagement appelle plutôt un ami
  • Tu peux rester en jupette, enfile un short dessous c’est parti, et même garder ton vieux patte d’eph préféré – quand je te dis que le vélo c’est glamour

Patte d'eph vélo

  • Si tu as le postérieur sensible, tu peux trouver un intermédiaire adapté entre la selle et lui, ou le fabriquer toi-même (j’ai pensé déposer un brevet tellement j’étais fière, mais pour le bien de l’humanité voilà ma création en opensource).

Protection selle

  • Tu peux faire le V avec les doigts aux autres cyclistes, pas de raison que ça soit réservé aux motards (gaffe cependant en disant merci avec les pieds aux voitures qui ont négligé de t’écraser)
  • En parlant de voitures, tu développeras ta vision périphérique, ton troisième œil et tes réflexes surhumains (et parfois aussi le fleurissement de ton langage)
  • Tout ça en te galbant élégamment le mollet et en renforçant ton petit cœur et ton moral – dépasser les voitures en sifflotant le nez au vent c’est quand même sympa, je ne parle même pas des voies vertes, le bonheur.
  • Ça marche par tous les temps, étudie un peu la pluviométrie hollandaise pour voir
  • Et puis rien à voir, mais j’oublierai jamais le premier jour où j’ai réussi à faire du vélo sans les mains…

Alors bon pédalage hop hop hop, et vive la vélorution!

Devenir donatrice

Je me suis inscrite en tant que donneuse de moelle osseuse. Au début je regardais tout le temps mon téléphone pour voir si j’avais manqué l’appel qui sauve une vie, et puis j’ai réalisé que les compatibilités hors famille directe sont assez rares (ce qui n’est pas une raison pour ne pas vous inscrire, au contraire!).

Je fais quand je le peux un petit don à des ONG que j’admire.

Et puis, quand j’ai commencé il y a quelques temps le lombricompost (avec un don), je me suis vite retrouvée à traîner sur les forums pour voir comment mettre mes nouveaux petits copains le plus à l’aise possible, et en suivant des liens je suis tombée sur celui-ci, et me voilà donc officiellement donatrice de lombrics (ça envoie hein). Je me retrouve donc souvent à inviter chez moi des inconnus, tous très chouettes, avec qui on papote longuement caca de vers, nourritures favorites et reproduction.

Le lombricompost, c’est l’avenir: réduction impressionnante des déchets (surtout pour les herbivores habitant en ville comme moi), création de compost ultra efficace pour vos ptites plantes d’intérieur ou votre jardin, « thé de vers » pour les booster plus régulièrement, pas d’odeurs donc possible en intérieur, et de la compagnie plein le composteur.

Pour démarrer:

  • Pour le fabriquer vous-même, un tuto assez complet est ici (il y en a plein d’autres, on peut aussi en acheter pour pas très cher).
  • Récupérer des ptits copains donc, et les installer sur un peu de carton
  • Commencer à les nourrir petit à petit, le temps qu’ils s’adaptent
  • Une fois la vitesse de croisière atteinte: juste éviter épluchures de pommes de terre, agrumes, ail et oignon (vermifuges!)
  • Ajouter du carton (si possible pas trop teinté type boite d’œuf) et des coquilles d’œuf régulièrement si vous en mangez pour équilibrer le tout.

Et voilà, bon élevage et plein de bonheur à tous!

Lombricompost

(Miam miam)

 

La chasse au trésor

Mon chargeur de téléphone ayant rejoint dans une faille spatio-temporelle ma frontale, compagne de tant d’aventures, plein de papiers ultra importants et un nombre incalculable de chaussettes orphelines, je me suis réveillée ce matin décidée à éclaircir ce mystère une fois pour toutes.

Je me mets immédiatement à la recherche de coins inexplorés de mon appartement. Et soudain, là, dans un coin, juste sous mes yeux, sous une pile de brochures et de cartes IGN, une petite niche. Je dégage fiévreusement l’accès conduisant certainement à un passage vers les mondes parallèles et y glisse une main tremblante d’émotion anticipée. Elle en ressort bientôt, couverte de poussière et munie de ça:

Chasse au trésor

Après un moment d’intense réflexion, et me disant que de toute façon j’avais l’intention de déménager un de ces jours, j’ai remis le trésor en place, je me suis fait un café et je suis allée chercher un chargeur sur le Good Corner.

(Demain, je m’attaque au mystère des coquillages trouvés dans le lave-linge).

Arrêter le shampoing

Quand j’ai commencé à modifier mon alimentation et réduire mes déchets, je me suis aussi intéressée aux produits que j’utilisais dans ma salle de bains. Il se trouve que la lecture des ingrédients de n’importe quel shampoing ferait passer un rendez-vous avec Carrie pour une soirée en amoureux au coin du feu. J’ai alors commencé à me renseigner sur le No Poo et à tenter des expériences rigolotes (et parfois poisseuses voir pelliculeuses, beurk). Il faut dire que j’ai les cheveux très fins, blonds et raplapla,  que j’étais obligée de laver de plus en plus souvent (j’en étais arrivée à tous les deux jours, parfois même tous les jours).

Ma conclusion principale est que comme toujours, tout ne marche pas pour tout le monde, et que chacun doit tâtonner un peu pour trouver ce qui lui convient le mieux. J’ai commencé ces essais avec une amie, à qui un œuf laissait les cheveux parfaitement propres alors que je sentais la tortilla à dix mètres (oui oui, j’avais rincé à l’eau froide). La suite est ce qui marche pour moi, ça vaut dans tous les cas le coup d’essayer!

Dans l’ordre:

-J’ai commencé par espacer les lavages. Comme j’aime faire les choses de façon un peu radicale, je suis passée directement à un peu plus d’une semaine (j’étais en vacances, heureusement parce que c’était pas super glamour). Si on n’est pas masochiste, on peut aussi faire ça un peu plus progressivement.

-J’ai tout de suite arrêté le shampoing (pas bio, ouh la vilaine) que j’utilisais à l’époque. J’ai tenté différents trucs franchement oubliables (bicarbonate, œuf donc, divers mélanges…) avant de trouver ce qui me convenait le mieux:

-Quand j’ai le temps, du rhassoul (une argile marocaine, à acheter dans l’épicerie maghrébine du coin, pas cher du tout) dilué dans un peu d’eau tiède, que je laisse poser une vingtaine de minutes (un jour je l’ai oublié pendant plus d’une heure, oui je suis aussi un peu distraite, gaffe ça dessèche bien…) avant de bien rincer (au-dessus d’une bassine, ça évite d’encrasser la baignoire et la tuyauterie). Pour sentir ultra-bon et du volume, ajouter dans la pâte une ou deux gouttes d’huile essentielle d’ylang-ylang.

Rhassoul

-En alternance ou quand je suis un peu plus pressée: lavage au savon, celui que je fabrique avec amour (on peut émietter un peu d’ortie séchée dedans pour les cheveux gras), mais avant ça j’utilisais du savon d’Alep qui marche aussi très bien.

-Rinçage avec un vinaigre de pommes où j’ai fait mariner pendant une quinzaine de jours de l’ortie, du thym, du romarin, de la lavande et de la sauge, dilué dans de l’eau. L’odeur part en séchant mais s’il pleut ou si vous faites du sport peu après vous être lavé les cheveux, ça se remet à sentir un peu, mais c’est pas désagréable!

-Je tente de me peigner tous les jours (surtout la tête en bas), j’utilise un peigne en corne qu’on m’a offert quand je me suis débarrassée de (presque) tout le plastique que j’avais à la maison, un joli objet artisanal et garanti à vie!

Voilà, avec ça je suis tranquille pendant environ une semaine, variable selon le temps, la transpiration, les variations hormonales… Quand j’en ressens le besoin je fais parfois un nettoyage à sec entre deux lavages, avec du rhassoul ou de la maïzena. Et c’est tout!

Bon courage à vous pour vous débarrasser une fois pour toute des ingrédients crado des shampoings (traditionnels ou bio, si ça mousse coucou les tensioactifs) et des flacons en plastique, à vous le temps gagné, l’eau et les sous économisés et le voyage léger en plus des jolis cheveux en bonne santé!

 

 

Les livres d’enfant

-C’est un cheval?

-Non. C’est le caillou au pied du cheval. Moi, je préfère dessiner ce que personne ne regarde. Comme ça, on regarde le monde d’un autre œil et ça le rend plus beau.

(Dessine-moi un petit prince, M. Van Zeveren).

Dessin ce que personne ne regarde

(tu les avais déjà vues, toi, les fleurs qui poussent sur l’arc-en-ciel?) 

Chroniques horticoles

#1: Comparer sa capacité de concentration à celle d’un concombre.

Concombre

Perdre haut la main. Il faut dire qu’il s’agit d’une variété ancienne dont j’ai oublié le nom (avec des petits piquants), bio, bichonnée et récoltée avec amour.

#2: Se gratter la tête devant l’épineux problème: que faire en cas de récolte surabondante et simultanée de courgettes?

Réponse: une soupe froide (existe aussi en version non vegan en ajoutant un peu de fromage frais ou de parmesan).

  • 2 courgettes
  • Une ou deux gousses d’ail
  • Quelques feuilles de basilic, brins de ciboulette, menthe, jeunes pousses d’ortie ou ce que vous avez au jardin.
  • Un filet d’huile d’olive
  • En option, quelques graines de sésame

Faire bouillir rapidement (ou pas, ça marche en version crue aussi!) les courgettes coupées en grosses tranches (ici, dans un bouillon maison avec du thym et du romarin). Égoutter, mixer avec le reste des ingrédients. Si vous n’avez pas la patience d’attendre que ça refroidisse, ajouter des glaçons. Parsemer de graines de sésame.

Et voilà, bon ap!

Soupe froide courgettes

 

La transhumance

On était censés accompagner la transhumance des Mérens, mais le temps était un brin couvert…

Transhumance Merens brouillard

Du coup on s’est rabattus sur les moutons

Transhumance moutons
(Nan mais regarde moi celui-là, un complexe de supériorité très clair depuis son petit caillou)

Et comme il pleuvait toujours, on a fini par une course endiablée de limaces géantes

Transhumance limaces
(le concurrent à droite sur l’image semble éprouver quelques difficultés à la course d’obstacles)

Mais quand même, l’arrivée de tout ce petit monde dans le cirque valait tous les pieds mouillés du monde:

Mérens Cirque Campuls

 

Relire

…dans un autre contexte, ces livres qui à l’enfance ou l’adolescence changent peut-être la vie.

L'usage du Monde
A l’aéroport, Roissy

« Portés par le chant du moteur et le défilement du paysage, le flux du voyage vous traverse, et vous éclaircit la tête. Des idées qu’on hébergeait sans raison vous quittent; d’autres au contraire s’ajustent et se font à vous comme les pierres au lit d’un torrent. Aucun besoin d’intervenir; la route travaille pour vous […]
A mon retour, il s’est trouvé beaucoup de gens qui n’étaient pas partis, pour me dire qu’avec un peu de fantaisie et de concentration ils voyageaient tout aussi bien sans lever le cul de leur chaise. Je les crois volontiers. Ce sont des forts. Pas moi. J’ai besoin de cet appoint concret qu’est le déplacement dans l’espace. »

Voyage Bouvier

« La vérité, c’est qu’on ne sait comment nommer ce qui vous pousse. Quelque chose en vous grandit et détache les amarres, jusqu’au jour où, pas trop sûr de soi, on s’en va pour de bon. »

Batticaloa

« Fainéanter dans un monde neuf est la plus absorbante des occupations. »

Du coup, au retour, j’ai emprunté l’intégrale de son œuvre à la bibliothèque. J’ai beaucoup aimé ses récits sur l’Écosse, alors que beaucoup plus âgé, il a du mal à marcher, mais toujours son regard affuté, drôle et tendre. Et puis ses poèmes… Merci Monsieur Bouvier, pour toute l’inspiration.

C’est le propre des longs voyages que d’en ramener tout autre chose que ce qu’on y est allé chercher (Chronique japonaise)

Temple Nuwara Eliya