Hiberner

Un lundi après-midi où la moitié du pays est en alerte météo pour toute un tas de joyeusetés, regarder la pluie tomber, allumer les lumières dans l’appartement sombre, annuler une sortie qui avait pourtant l’air chouette et se lancer dans la préparation d’un tas de bonnes choses pour un repas entre amies le lendemain. Résultat, le four à bloc et un œil de chaque côté de la cuisine avec les odeurs qui se mélangent, j’ai éteint le chauffage, tombé mes deux pulls et retrouvé un grand sourire.

Au menu donc :

Salade de chou chinois, radis noir râpé, carottes râpées, pommes, coriandre, sésame et sa petite sauce moutarde-miel-jus d’orange. Presque tout vient de l’AMAP, il faut parfois de l’imagination pour écouler les quelques tonnes hebdomadaires de légumes d’hiver (le radis noir c’est bon pour le foie mais le goût fait pas toujours rêver…)

Salade

Tarte à la courge et graines de courge grillées (pâte sarrasin – huile d’olive – cumin)

Tarte courge

Tarte banane-coco-cardamone, j’avais trouvé la recette dans un livre de cuisine ayurvédique et ça faisait un moment que je cherchais des victimes pour la tester avec moi… Je sais, les bananes c’est pas du tout local ni de saison, il est bon d’avoir des principes pour pouvoir les transgresser de temps en temps.

Tarte banane

(On me dit dans l’oreillette que les marmottes ne mangent pas quand elles hibernent, c’est pour ça que je suis bien contente de ne pas être une marmotte).

 

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La soupe récup

J’ai à nouveau eu cette conversation hier soir, qu’on pourrait résumer par « mais comment fais-tu pour vivre sans travailler à plein temps? »

Il y a tant de choses à dire, parler d’achats tellement moins fréquents et d’occasion une fois qu’on s’est rendu compte qu’on déborde toujours d’objets, de récup, de troc, de partage, de circuits courts, de fabrication maison, de combien tout ceci est joyeux et créatif et pas du tout frustrant comme ils le pensent souvent, mais je n’ai pas toujours l’énergie d’argumenter en trouvant les bons mots – je promets d’essayer d’y revenir, par petites touches!

Et puis avec l’arrivée de la fraîcheur, j’ai constamment envie de soupes, à déguster bien fumantes…

Du coup, petite recette du jour, à base d’ingrédients qu’on jette (ou composte!) souvent sans y penser: les fanes de radis.

Ingrédients:

  • Les fanes d’une botte de radis (non traités of course!)
  • Deux pommes de terre
  • Un oignon

Fanes de radis

Faire revenir l’oignon émincé avec les fanes dans un peu d’huile d’olive dans une casserole pendant quelques minutes. Ajouter les pommes de terre coupées en petits morceaux et laisser dorer un peu. Ajouter l’eau, laisser cuire une vingtaine de minutes, mixer, assaisonner à votre goût, c’est prêt!

Velouté fanes de radis

La même recette marche aussi avec des orties (jeunes pousses à récolter fraîches en saison) ou des fanes de carottes mais j’ai un petit faible pour celle-ci, vraiment délicieuse et étonnamment crémeuse.

Bon ap!

Les dimanches soirs Aloo Paratha

C’était dimanche, il faisait frais, il restait des pommes de terre de midi et de la coriandre, et je me suis rappelée de cette délicieuse recette découverte au Sri Lanka, même si elle est plutôt originaire du Nord de l’Inde.

Comme toujours, j’ai customisé la recette, remplacé le ghee par de l’huile d’olive et la farine complète par un mélange de farine blanche et d’épeautre, achetée pour faire les wraps de Natasha que j’avais misérablement ratés (mais je ne m’avoue pas vaincue).

Farce aloo paratha

Pour la farce, j’ai juste utilisé des pommes de terre écrasées à la fourchette, de l’ail, un peu de piment, de curcuma et de la coriandre fraîche. Avec un peu de mesclun de l’AMAP, le bonheur si je veux.

Aloo Paratha

Et puis après on est allés voir ce film, un peu par hasard, j’avais juste vu les images magnifiques dans la neige de la bande-annonce. Un vrai instant de poésie, dans un monde dont l’extrême brutalité est tout juste suggérée et m’a tenue les poings et la mâchoire serrés jusqu’à ce que la lumière se rallume. Des instants de grâce, qui flirtent parfois avec le ridicule, tellement cette fille toujours filmée auréolée de lumière est paumée, on ne saura pas pourquoi… Mais j’en retiens cette réflexion de la réalisatrice qui m’a beaucoup parlé: «Étant moi-même assez taciturne, je sais tout ce qui peut se dissimuler derrière un visage parfaitement lisse – d’infinies souffrances, des aspirations et des passions – en un mot, l’héroïsme du quotidien. En arpentant les rues, j’observe les passants et je suis consciente que même le visage le plus ennuyeux, le plus stupide et le plus disgracieux peut cacher des merveilles.»

Et puis le poème qui l’a inspirée pour écrire ce film:

Le cœur, flamme vacillante,
Le cœur, pris dans d’épais nuages de neige,
Et pourtant, à l’intérieur, des flocons se consument dans leur vol,
Comme les flammes éternelles des lueurs de la ville.

Les livres qu’on ne lira pas

Je suis à nouveau en pleine période de tri. Peut-être le changement de saison, mes lectures récentes sur le minimalisme, ou plus vraisemblablement la procrastination?

Je me suis rendue compte que me séparer des livres était une des choses les plus difficiles à faire en période de désencombrement. Je ne sais pas pourquoi je tiens autant à la présence physique des livres, j’aime en corner les pages, écrire des choses dans la marge, les ouvrir au hasard, les commencer par la fin, les prêter… Les liseuses électroniques me dépriment, je préfère comme disait l’ami Sartre « honorer mes mains de leur poussière ».

Quelle ne fut donc pas ma joie, en contemplant le chaos monstrueux qui règne sur ma table transformée en bureau (je ne fais même plus semblant de penser y manger un jour à nouveau), de tomber sur un tuto porte-papiers à base de livre.

Porte docs

Contrairement au tuto, je n’ai pas utilisé un livre de gare, mais un bouquin trouvé dans ma bibliothèque dont je me demande encore où je l’ai récupéré (il est impossible que je l’aie acheté – ou à la limite dans l’exaltation d’un vide-grenier?) et comment je persistais à penser que je le lirais un jour. Remarquez que l’avantage de ce procédé est qu’on ne renonce pas vraiment à l’ambition de le remettre en forme et de le (re)lire, ce qui est un avantage pour les gens tout à fait réalistes comme moi.

Boulgakov

Voilà le chef d’œuvre, que Boulgakov me pardonne, Marguerite m’est devenue bien plus utile (et ma table de travail est presque bientôt rangée).

Porte documents

 

La lessive sans peur et sans reproche

La peau est notre organe le plus étendu, alors autant faire attention à ce qu’on y met…

Après les soins réduits au minimum (savon maison dans la douche, que je prends en général un jour sur deux ou trois, huile de coco ou beurre de karité – que je ramène si possible de voyage – si peau sèche et zou), je me suis intéressée au problème du nettoyage, et d’abord du linge. De nombreux sites proposent des recettes de lessive maison, souvent à base de paillettes de savon, qui semblent fonctionner très bien. J’étais gênée par le fait que le savon semble encrasser les tuyaux, et qu’il faille donc faire de temps en temps un lavage à 90°, ce que je ne fais jamais. Je suis donc retournée à la base, les noix de lavage. Ces noix, également appelées Rhita, sont issues d’un arbre cultivé généralement en Inde ou au Népal, et contiennent naturellement de la saponine.

Noix rhita

On peut leur reprocher de venir de loin; cependant, les produits utilisés pour les mélanges maison ne sont vraisemblablement pas locaux non plus, et je trouve plus intéressant d’utiliser des produits bruts, de qualité bio, et qui fonctionnent très bien.

Mode d’emploi:

  • Enfermer trois ou quatre noix dans une chaussette, ou dans la pochette en coton parfois fournie avec les noix de lavage. Les casser un peu plus si possible, en les écrasant avec le dos d’une fourchette par exemple.
  • Les mettre dans le tambour avec le linge, et c’est tout! On peut les réutiliser trois ou quatre fois – personnellement je les utilise quatre fois, je ne fais que des cycles courts à basse température. Elles sont ensuite compostables.

Noix de lavage

  • Pour rentabiliser les lavages et l’eau et l’énergie dépensée, je fais des machines bien pleines – il m’arrive de séparer le blanc lorsque j’en ai beaucoup, surtout en été, sinon en général, l’un des avantages des habits d’occasion est qu’ils ne décolorent plus!
  • Je fais donc en général au maximum une lessive par semaine, parfois moins, et le sac d’un kilo de noix me dure plus d’un an, c’est donc aussi une solution ultra-économique – le paquet coûte une dizaine d’Euros en magasin bio.
  • En cas de lessive très sale, j’ajoute parfois une ou deux cuillères à soupe de bicarbonate dans le bac à lessive.
  • En cas d’eau très dure, on m’a conseillé comme adoucissant l’utilisation de vinaigre blanc dilué à moitié dans de l’eau, mais je n’ai jamais essayé.
  • Si vous souhaitez retrouver l’odeur de « propre » de vos anciennes lessives, ajouter quelques gouttes d’huile essentielle de votre choix dans l’eau de rinçage – le tea tree est un désinfectant très efficace, par exemple pour les couches lavables. Je me suis complètement habituée à l’absence d’odeur et je n’arrive plus à dormir dans des draps qui sentent la lessive chimique, je me réveille en général avec un mal de gorge et les yeux qui brûlent (merci l’hôtel pendant mes déplacements professionnels…), preuve s’il en est besoin de l’agressivité des produits utilisés.

Voilà, bons nettoyages d’automne à vous!

Laisser tomber le pâté en croûte

Pourquoi s’obstiner à marcher, à porter un sac à dos toujours trop lourd, à soigner des ampoules et des genoux qui coincent ?

Pour que les idées ne finissent pas gélifiées dans le pâté en croûte du conformisme, il faut marcher. (S. Tesson)

Randonnée moutons

Pour taper la causette aux chamois, aux marmottes et aux étoiles. Pour se réveiller chaque matin dans un endroit différent et magnifique. Pour la liberté, pour se rendre compte que cette montée n’était pas aussi longue qu’elle le paraissait, pour la toilette rapide dans les lacs de montagne glacés, pour les rencontres, pour les imprévus, pour ralentir, pour les idées soudain clarifiées, pour le silence, pour retrouver son corps, pour l’espace, pour le goût de la soupe brûlante du soir et de l’eau fraîche de la rivière.

Tente randonnée

Crédit photos: Sophie Pernet

La petite reine

Je m’y engage publiquement, j’arrête la voiture en ville  – bon c’est facile j’habite dans une toute petite ville, disons pour les déplacements quotidiens.

Je me suis un peu forcée pour remonter sur mon fier destrier (il faut dire qu’il déraille environ tous les 100 mètres lorsqu’il est de mauvaise humeur), mais j’ai réussi à aller faire une course dans une zone industrielle (pas pour moi malheureux !) et à revenir du magasin bio (mais pourquoi les magasins bio sont-ils –presque- toujours à perpete? L’enquête suit son cours) chargée comme un âne, et dans le genre reprendre son destin en main c’est une décision assez chouette. Pour me motiver, j’ai revu la magnifique intervention de Jacques Gamblin au parlement sensible des écrivains, qui ne parle pas uniquement de vélo (en réalité je ne rate jamais un prétexte pour diffuser ce texte que j’aime tant) mais qui le fait si bien.

En résumé, en enfourchant ta noble monture :

  • Tu feras plaisir à Nénette la planète
  • Tu iras plus vite (mais si mais si, combien de temps passes-tu en moyenne à tourner pour te garer ?)
  • Tu feras des économies : le carbu bien sûr, mais aussi la maintenance, le parking, l’assurance (pour laquelle tu peux maintenant payer au kilomètre histoire de te motiver encore un peu plus !)
  • Tu peux aussi transporter tes affaires et tes courses : un panier ou une cagette ou un sac à dos et zou – pour un déménagement appelle plutôt un ami
  • Tu peux rester en jupette, enfile un short dessous c’est parti, et même garder ton vieux patte d’eph préféré – quand je te dis que le vélo c’est glamour

Patte d'eph vélo

  • Si tu as le postérieur sensible, tu peux trouver un intermédiaire adapté entre la selle et lui, ou le fabriquer toi-même (j’ai pensé déposer un brevet tellement j’étais fière, mais pour le bien de l’humanité voilà ma création en opensource).

Protection selle

  • Tu peux faire le V avec les doigts aux autres cyclistes, pas de raison que ça soit réservé aux motards (gaffe cependant en disant merci avec les pieds aux voitures qui ont négligé de t’écraser)
  • En parlant de voitures, tu développeras ta vision périphérique, ton troisième œil et tes réflexes surhumains (et parfois aussi le fleurissement de ton langage)
  • Tout ça en te galbant élégamment le mollet et en renforçant ton petit cœur et ton moral – dépasser les voitures en sifflotant le nez au vent c’est quand même sympa, je ne parle même pas des voies vertes, le bonheur.
  • Ça marche par tous les temps, étudie un peu la pluviométrie hollandaise pour voir
  • Et puis rien à voir, mais j’oublierai jamais le premier jour où j’ai réussi à faire du vélo sans les mains…

Alors bon pédalage hop hop hop, et vive la vélorution!

Devenir donatrice

Je me suis inscrite en tant que donneuse de moelle osseuse. Au début je regardais tout le temps mon téléphone pour voir si j’avais manqué l’appel qui sauve une vie, et puis j’ai réalisé que les compatibilités hors famille directe sont assez rares (ce qui n’est pas une raison pour ne pas vous inscrire, au contraire!).

Je fais quand je le peux un petit don à des ONG que j’admire.

Et puis, quand j’ai commencé il y a quelques temps le lombricompost (avec un don), je me suis vite retrouvée à traîner sur les forums pour voir comment mettre mes nouveaux petits copains le plus à l’aise possible, et en suivant des liens je suis tombée sur celui-ci, et me voilà donc officiellement donatrice de lombrics (ça envoie hein). Je me retrouve donc souvent à inviter chez moi des inconnus, tous très chouettes, avec qui on papote longuement caca de vers, nourritures favorites et reproduction.

Le lombricompost, c’est l’avenir: réduction impressionnante des déchets (surtout pour les herbivores habitant en ville comme moi), création de compost ultra efficace pour vos ptites plantes d’intérieur ou votre jardin, « thé de vers » pour les booster plus régulièrement, pas d’odeurs donc possible en intérieur, et de la compagnie plein le composteur.

Pour démarrer:

  • Pour le fabriquer vous-même, un tuto assez complet est ici (il y en a plein d’autres, on peut aussi en acheter pour pas très cher).
  • Récupérer des ptits copains donc, et les installer sur un peu de carton
  • Commencer à les nourrir petit à petit, le temps qu’ils s’adaptent
  • Une fois la vitesse de croisière atteinte: juste éviter épluchures de pommes de terre, agrumes, ail et oignon (vermifuges!)
  • Ajouter du carton (si possible pas trop teinté type boite d’œuf) et des coquilles d’œuf régulièrement si vous en mangez pour équilibrer le tout.

Et voilà, bon élevage et plein de bonheur à tous!

Lombricompost

(Miam miam)

(Et maintenant vous pouvez même m’appeler Madame l’Ambassadrice, olé!)

La chasse au trésor

Mon chargeur de téléphone ayant rejoint dans une faille spatio-temporelle ma frontale, compagne de tant d’aventures, plein de papiers ultra importants et un nombre incalculable de chaussettes orphelines, je me suis réveillée ce matin décidée à éclaircir ce mystère une fois pour toutes.

Je me mets immédiatement à la recherche de coins inexplorés de mon appartement. Et soudain, là, dans un coin, juste sous mes yeux, sous une pile de brochures et de cartes IGN, une petite niche. Je dégage fiévreusement l’accès conduisant certainement à un passage vers les mondes parallèles et y glisse une main tremblante d’émotion anticipée. Elle en ressort bientôt, couverte de poussière et munie de ça:

Chasse au trésor

Après un moment d’intense réflexion, et me disant que de toute façon j’avais l’intention de déménager un de ces jours, j’ai remis le trésor en place, je me suis fait un café et je suis allée chercher un chargeur sur le Good Corner.

(Demain, je m’attaque au mystère des coquillages trouvés dans le lave-linge).