Un café avec les copines

Limace café
Nelson la limace (oui j’étais en train d’écouter Gainsbourg) et Météo France sont formels: le front humide n’a pas dit son dernier mot.

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La machine à remonter le temps

L’enfance, sous d’autres cieux. Un sourire, un regard fixe, une rencontre qui dure parfois juste un instant. Se demander comment ils vivent, quel est leur futur, à quelle vitesse et avec quelle douceur ils deviendront adultes.

Saint Augustin Madagascar

Saint Augustin, Madagascar

Antsirabe Madagascar

Antsirabe, Madagascar

Zriba Tunisie
Omar, chez lui, à Zriba, en Tunisie

Bain République Dominicaine
L’heure du bain, République Dominicaine

L'Aid à Wa, Ghana
Wa, Nord du Ghana, le jour de la fête de l’Aid

Jeune mère peule Burkina Faso

Enfants peul Nord Burkina Faso
Jeune mère et enfants peuls, Nord du Burkina Faso
Marché Tamale Ghana
La petite vendeuse de sel, marché de Tamale, Ghana
Tongo Hills Ghana

Le grand-père et la petite fille sur le sanctuaire, Tongo Hills, Ghana

J’ai lu quelque part qu’on n’a pas besoin de machine à remonter le temps si on sait se souvenir. Quelles images gardez-vous de votre enfance?

(Cet article a initialement été publié en Anglais sur mon ancien blog.)

Les bouquineries

Ce matin, mon chemin a croisé une bouquinerie sur le quai…

A nous de jouer

(Il paraît que je suis en plein tri pour un déménagement prochain, or aujourd’hui j’ai recyclé 3 relevés bancaires datant d’environ 1997, ça s’annule donc).

La detox

Ce qu’il y a de chouette avec le printemps, outre les gambettes blanchâtres qui ressortent de leur tanière, l’humeur générale qui s’améliore sensiblement, l’impression globale de sortir de prison (oui oui, j’ai un peu de mal avec le froid) et les premiers éternuements allergiques, c’est la mode de la détox, qu’on nous ressert invariablement à toutes les sauces.

Chacun fait ce qu’il veut of course, mais cette idée selon laquelle on pourrait se bâfrer de fondue tout l’hiver et éliminer ça avec une cure de sève de bouleau ou de jus de pissenlit me semble un brin étrange.  Je suis loin d’être une ayatollah de la nutrition, les donneurs de leçon dans ce domaine comme dans les autres m’épuisent, et j’adooore faire des excès (pour te dire, hier, je me suis acheté un ECLAIR AU CHOCOLAT et on m’a demandé trois fois si j’étais enceinte). Plus sérieusement, je n’ai jamais essayé ce genre de cures, je n’en ressens pas le besoin, et je trouve ça très bien si ça fait du bien à certain.e.s.

L’avantage, c’est qu’on voit passer plein de recettes appétissantes, alors on peut en profiter pour se faire plaisir.  Découpée dans un magazine hier, testée aujourd’hui et approuvée sans réserves:

Le pesto printanier d’herbes sauvages, olé !

Pour ce faire:

  • 1 bouquet de fanes de navets ou autres légumes racines, ou plantain, orties etc.
  • 1 gousse d’ail
  • 4 CS de graines de tournesol ou autre (ou 3 CS de purée d’oléagineux de votre choix)
  • Le zeste et le jus d’environ ¼ de citron
  • 3 CS d’huile d’olive.

Ingrédients pesto

Mixer le tout, that’s all folks!

(J’ai récupéré un super mixeur, il coupe tellement bien que je recompte mes doigts après chaque utilisation – il a aussi de petites « aérations » dont je cherche encore l’utilité, à part celle de redécorer la cuisine lorsque je mixe des coquilles d’œuf séchées pour laver la vaisselle).

Cette recette a aussi l’avantage d’être super économique et en partie basée sur des ingrédients de récup, une de mes grandes passions…

Pesto fanes de navet

Comme on dit dans les restaus distingués : Bonne dégustation!

L’école buissonnière

C’est le soleil qui m’a réveillée hier. Après quelques jours de grisaille, j’ai senti l’effet plante verte et le besoin urgent d’être à l’extérieur; j’ai planté là l’ordinateur, le travail et autres joyeusetés administratives et suis allée me balader au bord de la mer. L’odeur entêtante de l’iode, la brûlure du soleil sur mon visage, la couleur et la pureté incroyables de la mer, du sable plein les chaussures et un petit vent frais pour que la température soit parfaite. Quelques couples de retraités, un ou deux solitaires promenant leur chien, des sourires ou quelques mots échangés en se disant avec les yeux qu’on est bien conscients d’être des privilégiés absolus, sauter une grille qui barrait le sentier que j’avais envie de prendre, et puis, je te jure que c’est vrai, au milieu d’un des campings déserts, un poste allumé solitaire qui diffusait les premières notes d’une vieille chanson qui tombait tellement juste : « Seul sur le saaaable, les yeux dans l’eau… »  Au retour, prise en flag, un type est là contre la grille en train de faire des photos. Mais il me tend une main pour m’aider à la passer et on disserte un moment sur la philosophie des sentiers interdits et de l’utilité de briser les chaînes, avant de chacun continuer notre route. J’ai dégusté chaque pas, chaque odeur et chaque vue, avec un délicieux goût d’école buissonnière.

Et puis je suis allée manger en terrasse avec mon père dans le port, je crois bien que j’ai même pris un tout petit coup de soleil, et après je suis passée chez lui récupérer de vieilles photos dans la belle malle en bois de l’entrée de sa maison. Cette fois-ci elles ne m’ont pas rendue triste, ou fait penser comme à d’autres occasions qu’on était heureusement si loin de s’attendre aux claques magistrales qui nous attendaient, aux absences qu’on apprend doucement à apprivoiser, au temps assassin qui emporte avec lui les rires des enfants et nos styles improbables, et on a juste rigolé en retrouvant des noms et des lieux oubliés, admiré des visages, débattu sur des souvenirs enfouis un peu trop loin au fond de nos mémoires.

Alors voilà, à six ans je voulais déjà discuter avec les animaux et ouvrir la cage aux oiseaux (et puis oui, moment confession intime, j’ai moi aussi été élevée au Nutella et au lait UHT, on s’en remet) et je courais les montagnes avec ma magnifique Oma.

Finalement les choses importantes ne changent pas vraiment.

Petit déjeuner perruche

Heidi montagne

 

La douceur des mains des grand-mères

Elle avait été hospitalisée pour une infection, qui ne s’est au final pas révélée grave. Lorsque je suis allée la voir, elle se plaignait d’ongles cassants et m’a demandé de lui attraper une lime à ongle dans son sac à main. Comme elle ne s’en sortait pas, je lui ai fait une petite manucure improvisée et j’ai admiré ses mains, frêles comme de petits moineaux, que j’aime tant regarder lorsqu’elles font virevolter des aiguilles à tricoter, lorsqu’elles allument tous les soirs au moment où le soleil baisse un feu dans la grande cheminée de sa maison là-haut dans la montagne, et qui cuisinent lentement des miracles. Des mains qui ont aussi bercé, caressé, essuyé des larmes, ordonné, serré des mains illustres, organisé de grands dîners, «tenu des maisons» un peu partout dans le monde comme elle le dit,  qu’elle agite parfois devant elle lorsqu’elle s’énerve.

J’aime profondément l’idée qu’on puisse s’adopter, décider de devenir grand-mère et petite-fille de cœur, et choisir de créer ce joli lien d’entraide et de douceur, comme petit cadeau supplémentaire à nos familles biologiques.

Lorsque je lui ai demandé quoi lui ramener à ma prochaine visite, elle m’a demandé de lui acheter un miroir. On vient de fêter ses 87 ans.

Couleurs du marché

Et puis, l’été, on allait parfois au marché, plus colorées qu’un automne canadien.
Crédit photo : Anaïs A, sa petite fille biologique et ma ptite chérie

Le développement de l’écriture inclusive

Cher.e concitadin.e, je suis vraiment ravie que tu (puisqu’on dirait qu’on se tutoie, tu as raison c’est tellement plus convivial) aies pris la peine, dans ce moment où tu avais l’air un peu énervé.e en déposant ce billet sur mon pare-brise après avoir fait un joli dessin avec ta clé sur la carrosserie, de respecter les règles de base de l’égalité des genres en prenant soin de ne pas négliger l’écriture inclusive (maintenant que nous sommes amis, je me permets juste de te conseiller de revoir quelques autres règles grammaticales et orthographiques de base).

Note pare brise

Et puis je voulais aussi te remercier, parce que tu m’as sûrement un peu aidée à me décider : amuse-toi bien avec ton petit carnet justicier et ta colère, moi, je quitte la ville.

Les soirées Tous à Poêle

On avait fait connaissance avec la chouette asso Tous à Poêle lors d’un week-end familial épique où on avait momentanément perdu tous les enfants (et une partie des parents) pendant un orage de grêle et qu’on s’était abrités dans un des refuges libres de cette jolie vallée. Arriver trempés jusqu’aux os dans un refuge, y trouver un poêle, du bois rentré, une toile cirée avec des coquelicots dessus et même du fil et des pinces à linge pour tenter de faire sécher les vêtements (et même le duvet négligemment accroché à l’extérieur du sac par un membre de l’équipe pas très prévoyant, bisous D.), un stock de bougies et d’allumettes, une micro-bibliothèque et d’autres petites attentions laissées à l’intention des gens de passage par de parfaits inconnus, ça redonne foi en l’humanité je trouve. J’adore cette idée de bien commun, respecté par et accessible à tous, et que chacun y laisse anonymement quelques biscuits, un bouquin ou une scie. Il me semble y retrouver cet esprit d’entraide spontané et désintéressé que j’ai déjà rencontré souvent à la montagne, peut-être un héritage d’une époque plus rude…

Refuge tous à poêle nuit

Envie de nature et de froid revigorant, on est repartis dans le coin ce week-end, la météo prévoyant gentiment « quelques flocons ». Une tempête de neige plus tard, on était ravis de retrouver les délicates attentions et même un élégant porte-bougie en vertèbre, et une fois confortablement installés, on a commencé à scier du bois – je voulais m’entraîner à ma future vie forestière potentielle (quand j’étais petite, ma grande sœur me disait que je deviendrais une femme Viking si j’arrivais à prendre des douches très froides, je n’ai pas complètement abandonné l’idée). Finalement le poêle consommait un peu beaucoup, on (enfin l’Homme) a du se relever toutes les deux heures puis toutes les heures pour que le feu ne s’éteigne pas complètement, on a repris une session sciage à trois heures du matin et c’est quand la glace à l’intérieur des vitres a enfin fondu que la condensation a commencé à nous gouter sur la tête, ploc…

Une nuit délicieuse donc, et quand le soleil s’est enfin levé, la vue valait tous les grelottements du monde.

Refuge tous à poêle neige
Crédit photos: CT